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Prescription de pansements par l’infirmier en 2026 : ce qu’une IDEL peut prescrire


Depuis le 28 juin 2026, les infirmiers peuvent prescrire eux-mêmes de nombreux pansements, matériels et produits utiles à la prise en charge des plaies. Cette évolution élargit nettement l’autonomie infirmière. Elle ne signifie toutefois pas que tous les soins de pansement sont déjà facturables en accès direct en 2026. Voici ce qu’une IDEL peut réellement prescrire aujourd’hui, les limites à connaître et les points de vigilance pour éviter les confusions.

Prescription de pansements par l’infirmier : ce qui a changé en juin 2026

L’arrêté du 26 juin 2026 a redéfini le droit de prescription des infirmiers. Il est entré en vigueur le 28 juin 2026. Pour les plaies, le changement est important : l’infirmier peut désormais prescrire une liste beaucoup plus large de pansements, de matériels et de produits de santé.

L’article 4 du nouvel arrêté abroge l’article 2 de l’arrêté du 20 mars 2012. Le nouveau texte s’inscrit dans l’élargissement des compétences infirmières engagé en 2025 et 2026.

À retenir : le droit de prescrire le matériel de pansement et le droit de facturer un acte de pansement sans prescription médicale sont deux sujets différents. L’accès direct prévu pour le pansement de plaie non chirurgicale n’entrera en vigueur que le 1er janvier 2027.

Quels pansements une IDEL peut-elle prescrire en 2026 ?

L’arrêté autorise une prescription initiale de pansements, de matériel et d’articles pour pansements pour une durée de sept jours. La liste est large.

Elle comprend notamment :

  • les pansements adhésifs stériles avec compresse intégrée ;
  • les compresses stériles ou non stériles prévues par le texte ;
  • les pansements absorbants pour plaies productives ;
  • les sparadraps, filets, jerseys et bandes ;
  • les films adhésifs semi-perméables ;
  • les sets pour plaies ;
  • le matériel d’aide à la détersion ;
  • les hydrocolloïdes ;
  • les hydrocellulaires ;
  • les alginates ;
  • les hydrogels ;
  • les hydrofibres et pansements en fibres à haut pouvoir d’absorption ;
  • les pansements au charbon actif ;
  • les pansements à base d’acide hyaluronique seul ;
  • les interfaces, y compris les silicones et celles à base de CMC ;
  • les pansements vaselinés ;
  • les pansements irrigo-absorbants ;
  • les pansements à l’argent ;
  • les pansements super-absorbants ;
  • les produits hémostatiques, incluant les compresses de collagène hémostatique ;
  • les champs stériles ;
  • les dispositifs de rapprochement cutané adhésifs.

Le texte prévoit aussi la prescription ou le renouvellement de certains dispositifs utiles à la prévention et au traitement des escarres, comme des supports adaptés. Il permet également la prescription de dispositifs de contention, à condition de reprendre à l’identique la force de compression prescrite.

Quels autres produits liés aux plaies peuvent être prescrits ?

Le champ ne se limite pas aux pansements. L’infirmier peut également prescrire plusieurs produits de santé utiles à la prévention et au traitement d’une plaie.

Le texte cite notamment :

  • les sprays protecteurs cutanés ;
  • les anesthésiques locaux, sauf sous forme injectable ;
  • des antiseptiques à large spectre, sans antibiotique, dans des situations précisément définies ;
  • le nitrate d’argent à faible dosage en cas d’hyperbourgeonnement.

Dans le volet consacré aux plaies, le texte encadre spécifiquement les antiseptiques à large spectre sans antibiotique : ils sont visés uniquement dans les cinq premiers jours après l’apparition d’une plaie par brûlure ou d’une plaie traumatique avec souillures, hors plaie du pied diabétique. L’arrêté prévoit par ailleurs, dans une rubrique distincte, la prescription de solutions stériles et de produits antiseptiques.

Pourquoi parle-t-on d’une prescription initiale de sept jours ?

C’est l’un des points importants du texte. Pour les pansements, matériels et articles de pansement listés par l’arrêté, la prescription infirmière est prévue pour une durée initiale de sept jours.

Il faut donc éviter d’interpréter ce nouveau droit comme une prescription infirmière sans limite de durée. Le texte distingue la prescription initiale de pansements de certaines possibilités de renouvellement prévues pour d’autres dispositifs médicaux.

En pratique, la durée, la situation clinique et l’évolution de la plaie doivent rester cohérentes avec la prise en charge du patient et les règles de remboursement applicables.

Prescrire un pansement ne signifie pas encore pouvoir facturer le soin sans ordonnance

C’est probablement la confusion la plus importante à éviter en 2026.

Le droit de prescrire un pansement concerne le produit ou le matériel. La facturation de l’acte infirmier dépend, elle, de la NGAP et de ses règles propres.

Depuis le 21 juin 2026, la NGAP distingue deux actes de pansements courants :

  • le pansement de plaie non chirurgicale, coté AMI 2,02 ;
  • le pansement de plaie chirurgicale simple, coté AMI 2,02.

En revanche, l’accès direct sans prescription médicale pour le pansement de plaie non chirurgicale est prévu à partir du 1er janvier 2027. Jusqu’à cette date, il ne faut donc pas confondre autonomie de prescription du matériel et accès direct à l’acte facturable.

Pour aller plus loin sur les nouvelles cotations, consultez notre article Cotation des pansements IDEL 2026 : AMI 2,02, AMI 4, bilans et MCI.

Ordonnance « jusqu’à cicatrisation » : quelle durée en 2026 ?

Une autre règle a changé le 21 juin 2026. Une prescription médicale de pansement portant la mention « jusqu’à cicatrisation », ou une formulation équivalente, peut désormais être acceptée pour une durée maximale de trois mois.

Si le médecin indique une durée précise, cette durée s’impose à l’infirmier. Cette règle concerne la prescription médicale de réalisation du soin. Elle ne doit pas être confondue avec la prescription infirmière initiale de matériel pour sept jours.

La prescription doit être tracée dans le dossier du patient

L’arrêté du 26 juin 2026 impose une traçabilité des prescriptions réalisées par l’infirmier. Chaque prescription relevant du texte doit faire l’objet d’une inscription dans le dossier patient ou dans le Dossier Médical Partagé.

Cette exigence renforce l’intérêt d’une traçabilité claire de la plaie, de son évolution et des soins réalisés. Il est important de noter la localisation, l’aspect, l’évolution et le matériel utilisé, selon la situation clinique.

Pour approfondir l’ensemble du nouveau droit de prescription, vous pouvez aussi consulter notre article Prescription infirmière : ce que change l’arrêté du 26 juin 2026.

Un support papier peut aider à garder une trace du soin

Au domicile, la continuité des informations peut devenir difficile lorsque plusieurs professionnels interviennent. Un support simple permet alors de conserver une trace lisible du pansement réalisé et de son évolution.

Le bloc Pansement Dossierdesoins.fr contient 25 feuillets recto-verso au format A5. Il est conçu pour la traçabilité des soins de pansement à domicile.

Ce support ne remplace ni une prescription, ni le dossier patient, ni les obligations de traçabilité prévues par les textes. Il sert simplement de support pratique pour structurer les informations de suivi.

FAQ – Prescription de pansements par l’infirmier

Une infirmière peut-elle prescrire des pansements en 2026 ?

Oui. Depuis le 28 juin 2026, l’arrêté autorise les infirmiers à prescrire une large liste de pansements, matériels et produits liés aux plaies. Pour les pansements et articles de pansement, le texte prévoit une durée initiale de sept jours.

Une IDEL peut-elle prescrire des pansements à l’argent ?

Oui. Les pansements à l’argent figurent dans la liste de l’arrêté du 26 juin 2026. La prescription doit néanmoins rester adaptée à la situation clinique et aux conditions de prise en charge applicables.

Une IDEL peut-elle commencer un pansement sans ordonnance médicale ?

Pas encore pour un acte facturable. L’infirmier peut prescrire le matériel, mais l’accès direct au pansement de plaie non chirurgicale ne s’appliquera qu’à partir du 1er janvier 2027. Les plaies chirurgicales simples et les pansements lourds et complexes resteront sur prescription médicale.

Une ordonnance « jusqu’à cicatrisation » reste-t-elle valable ?

Oui, dans la limite de trois mois pour une prescription médicale de réalisation de pansement. Si le médecin indique une durée plus précise, cette durée s’applique.

La prescription infirmière doit-elle être tracée ?

Oui. L’arrêté prévoit l’inscription de la prescription dans le dossier patient ou dans le DMP.

En résumé

La réforme de juin 2026 donne aux infirmiers une autonomie beaucoup plus large dans la prescription des produits destinés aux plaies. Pour les pansements, la prescription infirmière initiale est toutefois limitée à sept jours. Par ailleurs, l’accès direct au soin facturable reste soumis au calendrier de la NGAP.


Sources


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