Depuis l’élargissement du droit de prescription infirmière intervenu fin juin 2026, les IDE peuvent prescrire ou renouveler davantage de produits de santé et d’examens complémentaires dans un cadre précisément défini. Mais pouvoir prescrire ne suffit pas : l’ordonnance doit aussi être correctement rédigée, identifiable et traçable.
À retenir : l’arrêté du 26 juin 2026 fixe ce que l’infirmier peut prescrire ou renouveler. Les règles de rédaction de l’ordonnance dépendent ensuite de la nature du produit ou de la prestation. Une prescription doit toujours rester dans le champ de compétence infirmier et être inscrite au dossier patient ou au Dossier Médical Partagé (DMP).
Une infirmière libérale peut-elle rédiger une ordonnance en 2026 ?
Oui. Depuis l’arrêté du 26 juin 2026, les infirmiers peuvent prescrire ou renouveler certains produits de santé et examens complémentaires, dans les limites prévues par les textes.
Pour le détail du nouveau périmètre, consultez notre article Prescription infirmière : ce que change l’arrêté du 26 juin 2026.
Les mentions à faire figurer sur une ordonnance infirmière
Le contenu exact varie selon la nature de la prescription. Le socle réglementaire impose notamment d’identifier le bénéficiaire, le prescripteur et, le cas échéant, sa structure d’activité, d’indiquer la date et de signer l’ordonnance. Des mentions complémentaires s’ajoutent ensuite selon le produit ou la prestation prescrite : dénomination, quantité, dosage, posologie, durée ou conditions particulières de prise en charge.
1. L’identification de l’infirmier prescripteur
- nom et prénom ;
- qualité professionnelle ;
- identifiant professionnel, notamment le numéro RPPS pour les infirmiers inscrits à l’Ordre ;
- identifiant de la structure d’activité ou numéro Assurance Maladie lorsqu’il est requis ;
- coordonnées professionnelles utiles.
2. L’identité du patient
Pour une prescription de dispositifs médicaux, l’Assurance Maladie demande notamment les nom et prénom du patient. La date de naissance n’est donc pas une mention générale à faire figurer sur toutes les ordonnances infirmières. Cas particulier : pour les médicaments et produits relevant de l’article R. 5132-3 du Code de la santé publique, le sexe et la date de naissance du patient font partie des mentions obligatoires. Ils doivent alors être ajoutés sur l’ordonnance, même si le support utilisé ne comporte pas de case préimprimée dédiée.
3. La date de rédaction
La date de l’ordonnance est indispensable. Elle permet notamment de vérifier sa validité, la durée de prescription et les éventuelles règles de renouvellement.
4. Une prescription suffisamment précise
Il faut désigner clairement ce qui est prescrit. Selon le cas, la prescription doit préciser la dénomination du produit ou du dispositif, la quantité ou le nombre de conditionnements, la durée, le dosage, la posologie ou les conditions particulières d’utilisation.
Pour les produits et prestations inscrits sur la Liste des produits et prestations remboursables (LPPR), le Code de la sécurité sociale prévoit notamment que l’ordonnance permette d’identifier précisément le produit et, lorsque cela est utile, la quantité nécessaire ainsi que les conditions particulières de prise en charge.
Pour une prescription de dispositifs médicaux, la durée ne peut pas dépasser 12 mois. Lorsqu’un dispositif médical est prescrit hors des conditions de prise en charge et n’est pas remboursable, l’infirmier doit en informer le patient et porter la mention « NR » en face du dispositif concerné.
5. La signature du prescripteur
Une ordonnance sur support papier doit être signée par le professionnel qui l’établit. Une ordonnance non signée peut entraîner une difficulté de délivrance ou de prise en charge.
Exemple de structure d’une ordonnance infirmière
Le modèle ci-dessous est volontairement générique. Il doit toujours être adapté à la prescription réellement autorisée et aux règles propres au produit concerné.
INFIRMIER(E) PRESCRIPTEUR(TRICE)
Nom Prénom -Infirmier(ère) diplômé(e) d’État
RPPS : …
N° Assurance Maladie / structure : …
Adresse et coordonnées professionnelles
PATIENT
Nom Prénom
Le [date]
Prescription :
[Dénomination précise du produit, dispositif ou examen]
[Dosage / quantité / conditionnement / durée / renouvellement, selon le cas]
Signature
Ce canevas n’est pas une ordonnance médicale préremplie : il montre simplement l’organisation pratique des informations à ne pas oublier.
Ordonnance papier : ce que contient notre modèle
Le modèle Dossierdesoins.fr est un support papier simple pour rédiger une prescription. Il comporte les zones réellement présentes sur le bloc : identifiants ou cachet du prescripteur, nom et prénom du patient, date et signature.
Pour une prescription de dispositifs médicaux, l’Assurance Maladie précise qu’une ordonnance papier doit être établie en double exemplaire, l’original étant destiné au patient et le duplicata à sa caisse. Le bloc peut servir de support de rédaction, mais le professionnel doit produire séparément le second exemplaire.
Renouvellement : les mentions peuvent être différentes
Le renouvellement ne se rédige pas toujours comme une première prescription. Deux situations méritent une vigilance particulière.
Renouvellement à l’identique
Lorsque l’infirmier renouvelle à l’identique un produit dans les cas prévus par l’arrêté du 26 juin 2026, le pharmacien doit pouvoir consulter la prescription initiale par un moyen de traçabilité disponible.
Renouvellement d’un contraceptif oral
Dans ce cas précis, l’arrêté impose d’inscrire sur l’original de la prescription médicale :
- les nom et prénom de l’infirmier et son numéro d’enregistrement ;
- la mention « Renouvellement infirmier » ;
- la durée du renouvellement, exprimée en mois et dans la limite de six mois ;
- la date du renouvellement.
La traçabilité au dossier patient est obligatoire
C’est l’un des changements à bien intégrer dans la pratique quotidienne : l’article 2 de l’arrêté du 26 juin 2026 prévoit que toute prescription réalisée dans ce cadre soit inscrite au dossier patient ou au DMP. Pour approfondir ce point, voir aussi notre article sur le dossier de soins infirmiers et la traçabilité.
Les erreurs les plus fréquentes à éviter
- Prescrire un produit hors du périmètre autorisé par les textes applicables aux infirmiers.
- Utiliser une désignation trop vague qui ne permet pas au pharmacien ou au fournisseur d’identifier correctement le produit ou la prestation.
- Oublier la quantité, la durée ou les modalités d’utilisation lorsqu’elles sont nécessaires à la délivrance ou à la prise en charge.
- Oublier la date ou la signature.
- Oublier la mention « NR » lorsqu’un dispositif médical prescrit n’est pas remboursable.
- Confondre première prescription et renouvellement, alors que certaines règles diffèrent.
- Ne pas tracer la prescription dans le dossier patient ou le DMP.
- Oublier les règles propres au produit prescrit, notamment lorsqu’une mention complémentaire ou une modalité particulière de transmission est requise.
Et l’ordonnance numérique en 2026 ?
La prescription électronique s’inscrit dans la généralisation de la dématérialisation des prescriptions. Le cadre réglementaire prévoit toutefois plusieurs situations dans lesquelles une prescription papier reste possible, notamment en cas d’indisponibilité du téléservice, de connexion internet insuffisante, de difficulté d’identification numérique du patient ou lorsqu’un acte est réalisé en dehors du lieu habituel d’exercice.
Pour une IDEL en tournée, le papier garde donc une utilité pratique lorsque les conditions ne permettent pas d’utiliser la prescription dématérialisée. Les obligations de traçabilité et de transmission restent applicables.
Quel ordonnancier utiliser en tournée ?
Pour une IDEL qui souhaite conserver un support papier disponible au cabinet ou dans sa sacoche de tournée, le format A5 est pratique : suffisamment grand pour rédiger lisiblement, tout en restant facile à transporter.
Dossierdesoins.fr propose un ordonnancier infirmier A5 de 25 ordonnances détachables. Le modèle est volontairement simple et reprend les champs visibles sur le bloc : identifiants ou cachet du prescripteur, nom et prénom du patient, date et signature.
FAQ – Ordonnance infirmière en 2026
Une infirmière libérale peut-elle prescrire sans ordonnance du médecin ?
Oui, pour les produits, dispositifs, vaccins et examens que l’arrêté du 26 juin 2026 autorise à prescrire directement. D’autres situations relèvent uniquement d’un renouvellement ou d’une adaptation encadrée.
Une ordonnance infirmière peut-elle être manuscrite ?
Oui. L’Assurance Maladie prévoit que les prescriptions concernées peuvent être manuscrites ou informatisées, sous réserve du respect des règles propres au produit prescrit.
Le numéro RPPS doit-il apparaître ?
L’infirmier doit être clairement identifiable sur la prescription. Les infirmiers inscrits à l’Ordre disposent d’un numéro RPPS national, destiné à être utilisé sur leurs documents professionnels. Selon le circuit de prise en charge, d’autres identifiants peuvent également être nécessaires.
Faut-il conserver une trace de la prescription ?
Oui. Toute prescription relevant de l’arrêté du 26 juin 2026 doit être inscrite au dossier patient ou au Dossier Médical Partagé.
Textes de référence
Pour vérifier les règles citées dans cet article :
- Légifrance – Arrêté du 26 juin 2026 fixant la liste des produits de santé et examens complémentaires que les IDE sont autorisés à prescrire ou renouveler.
- Légifrance – Code de la sécurité sociale, article R. 161-45.
- Légifrance – Code de la sécurité sociale, articles R. 165-36 à R. 165-44.
- Légifrance – Code de la santé publique, article R. 5132-3.
- Assurance Maladie – règles de prescription des dispositifs médicaux.
- Agence du Numérique en Santé – ordonnance numérique.
Article informatif à visée professionnelle. Les textes officiels et les conditions spécifiques de prise en charge restent la référence en cas de doute.









